Caroline Blanco

Caroline Blanco

Si je tourne mon regard vers l’intérieur…

Caroline Blanco

Si je tourne mon regard vers l’intérieur et que je regarde réellement qui je suis, qu’est-ce que je vois ? Je suis capable de revendiquer mes idées, je peux aussi trouver ma personnalité et mes goûts, je crois peut-être même savoir à quelle image je corresponds ou veux correspondre, mais en dehors de tout ça, qui suis-je vraiment ? Au plus profond de moi-même, qui suis-je ? Puis-je vraiment me définir en fonction de mes rôles, que ce soit celui de femme ou d’homme, de mari ou d’épouse, de père ou de mère, d’ami (e), …  Est-ce suffisant pour définir qui je suis ? Non, je ne le crois pas.

Alors, si je regarde vraiment à l’intérieur de moi et que je ressens profondément « qui je suis », qu’est-ce que je sens ? Des émotions, des peurs, des sensations, …  Mais peuvent-elles me définir ? Est-ce que je suis toutes ces choses où font elles simplement partie de moi ? Si j’écoute attentivement ce qui se raconte en moi, qu’est-ce que j’entends ? Des pensées, des croyances, des idées, des jugements, …  Mais tout ce que j’entends, est-ce moi ? Non, ça ne peut pas non plus me définir. Alors qui suis-je ?

Personne à part moi ne pourra me le dire et même si on le pouvait, je veux en faire l’expérience, je veux le sentir, le vivre afin de pouvoir le goûter vraiment. Mais si ce désir ardent est présent, qui a ce désir ? C’est bien moi, mais qui ? Quel moi ? D’où vient ce désir profond de sentir vraiment ce que je suis ? Il s’exprime à travers moi, me portant à chercher partout les réponses à mes questions sans jamais me permettre de le goûter. Certes, je peux faire des expériences même mystiques, mais suis-je ces expériences ? Non.  Alors qui est celui qui est à la fois conscient de ces expériences et expérimentateur lui-même de l’expérience? Sommes-nous deux ? Ce n’est pas possible… Suis-je l’un des deux seulement ? Mais alors qui est l’autre et pourquoi ai-je l’impression d’être aussi lui ?

Si je ne suis rien de ce qui a été dit plus haut et si tout ce qui est ressenti, entendu, expérimenté, imaginé, projeté, pensé ou cru n’est qu’un mouvement qui me traverse et dont je suis conscient, alors je ne peux être que celui qui est conscient de tout ça et non pas celui qui en fait l’expérience. Je dois être bien plus que ce corps et ce mental pensant. Alors si je suis cette conscience de ce qui est et de ce qui arrive pourquoi est-ce que je crois être cette personne dans ce corps, pourquoi est-ce que je m’y identifie tant ? Peut-être que c’est seulement parce qu’on me l’a dit. On me l’a dit depuis si longtemps… depuis que je me suis vu la première fois dans le miroir et où on m’a dit que c’était « moi ». Et si « moi » n’était pas ce que je suis ? Si mes parents s’étaient trompés, si tout le monde s’était trompé et s’était identifié à ce personnage en oubliant totalement sa vraie identité : la conscience elle-même.

Je dois découvrir qui est cette conscience, mais pour ça, je dois arrêter de m’identifier à ce personnage qu’on m’a dit que j’étais et à tout ce qui est lié à ce personnage (les pensées, les émotions, les croyances, les idées, la personnalité, les goûts, les envies…). En arrêtant maintenant, à l’instant, de m’identifier à ce personnage, qu’advient-il ?

Je ne suis plus rien… mais je suis tout à la fois. Tout ce dont je suis conscient, partout où je place mon attention, je suis toutes ces choses, toutes ces personnes, tous ses sons, toute cette vie. Je suis absolument tout ce qui est visible et ce qui est invisible, car tout ce qui est imaginé, rêvé, pensé j’en suis aussi conscient et c’est aussi ce que je suis.  Si je suis cette conscience infinie, je peux alors être tout sans limite, mais aussi choisir de me limiter dans ce corps, par exemple, à certaines expériences, à certaines émotions, … Je suis donc la conscience sans limite qui fait l’expérience de la limitation dans un corps, dans une histoire.

Mais si je suis cette conscience, j’ai le choix de porter mon attention sur ce que je veux uniquement et d’être alors ce que je souhaite. Alors, si je porte mon attention sur l’amour, je suis l’amour ; si je porte mon attention sur la paix, je suis cette paix et si je porte mon attention sur la joie, je suis aussi cette joie. Je suis libre ! Totalement libre !  Libre d’aimer ou de souffrir, libre de pleurer ou de rire.

Mais je veux aller plus loin encore…

Qui tire les ficelles de cette conscience ? Y-a-t-il même quelqu’un qui tire les ficelles ? C’est ridicule… Même s’il y avait un Dieu ou quoi que ce soit d’autre qui tire les ficelles, étant la conscience même, dès l’instant où j’en suis conscient je deviens celui qui les tire, je deviens Dieu lui-même ! Alors, qui agit ? Qui crée les évènements ? Je suis la conscience, mais quel est le mouvement qui met tout ça en place ? Si je suis conscient de ce mouvement, je suis donc aussi ce mouvement. Tout ce qui est serait-il vraiment ce que je suis ?

Mais alors, qu’est-ce que je ne suis pas ? Je ne suis pas ce dont je ne suis pas conscient et y-at-il quelque chose qui puisse être en dehors de ma conscience ? J’ai beau chercher, mais à chaque fois que je cherche quelque chose, chaque chose que je trouve, j’en suis conscient. Je suis donc l’infini…

Alors qu’est-ce qui m’empêche maintenant de croire profondément à tout ceci, à tout ce que je sais être ? C’est cette personne, cette identification à cette personne, car c’est lorsque je m’identifie à celui qui ne croit pas à tout ça et que j’en suis conscient, que je deviens cela.

Je n’ai qu’une seule porte de sortie… abandonner définitivement cette identification à cette personne que je crois être depuis des années et pour ça, je dois maintenir mon attention sur qui je suis vraiment : la conscience. Mais qui maintient cette attention, qui décide de faire ça puisque j’en suis consciente ? Le personnage auquel je suis identifié…. Alors où est cette porte de sortie ?

En fait, peut-être que la bonne question est : qui cherche cette porte de sortie ? Je suis conscient que quelqu’un cherche une porte de sortie et qui cela pourrait-il être puisque je suis la conscience… C’est l’attachement, la croyance, l’identification même à ce personnage qui cherche. Car, si je suis consciente de ne pas être ce personnage et d’être cette conscience illimitée et infinie, ce mouvement de vie, Dieu lui-même, alors ne suis-je pas déjà dehors ?

Si je suis bel et bien dehors, pourquoi est-ce que je ne le goûte pas ? Qu’est-ce qui fait que je ne le vive pas dans ma chair ? Je vois encore quelqu’un qui veut quelque chose. Quelqu’un qui veut parvenir à réussir quelque chose, qui veut obtenir quelque chose et qui tente désespérément par quelque moyen que ce soit, y compris par l’éveil, de trouver ce qu’il cherche. Il reste des attaches ou peut-être une seule attache. Ce que ce quelqu’un veut c’est exister ! Pourquoi cherche-t-il à exister, à prouver qu’il existe ? Il doit savoir intérieurement qu’il n’existe pas, sans quoi il ne chercherait pas à se convaincre du contraire… Alors, c’est l’histoire de quelqu’un qui sait ne pas exister et qui cherche par tous les moyens la preuve qu’il existe et ce, afin de combler cette tristesse immense, ce trou, ce vide sans fond créant ce manque de vie, d’existence. Quelle absurdité, quel paradoxe ! Je suis ce que je cherche sans le savoir et je cherche à être ce que je suis déjà. Comment tout ça pourrait bien prendre fin ? Je le comprends, je le vois, je le sais, mais rien ne se passe… Alors que manque-t-il ? Manque-t-il quelque chose où est-ce la croyance même qu’il manque quelque chose qui crée cela ? Je ne sais pas. Je cherche encore à comprendre. Je cherche encore à me sortir de là. Cette croyance est donc encore présente et c’est ça qui continue de faire tourner la roue. Où est ce « JE » qui cherche, veut et désire ? Je ne peux pas le trouver ailleurs que dans mon imagination, que dans mes pensées. Il n’est donc pas réel. Qu’est ce qui est réel ? Être, c’est la seule chose que je vois comme réelle. Mais je sens que ce n’est pas ce que « je » veux. Il veut autre chose, il veut plus de rêve et de magie, il veut du phénoménal, des émotions, de l’explosion. Il a un rêve et c’est d’atteindre cet endroit où tout ça existe et qui du coup lui permet de se sentir exister. Peut-être devrais-je simplement faire le deuil de tout ça. Le deuil de tous ses rêves. Je sens une terrible déception, une colère à l’encontre de cette naïveté d’y avoir cru et puis une tristesse immense. C’est la fin de ce rêve. Plus rien n’a de sens si je perds même ça. Il ne reste plus rien sans ça, « je » ne veux pas laisser ça partir. « Je » ne veux pas renoncer à ça. Du coup, « je » résiste et je souffre. « Je » ne suis pas capable non plus de faire quoi que ce soit pour que cette résistance s’arrête. « Je » suis impuissant. Triste et impuissant.

Mais je suis aussi témoin, conscient de ce qui se passe. À quoi d’autre puis-je me rattacher ? Est-ce que je dois me rattacher à quoi que ce soit ? Je sens ça comme un besoin viscéral ce rattachement. Peut-être est-ce aussi ce « je » qui veut se rattacher à la conscience, de façon à continuer à exister. Si je lâche absolument tout, même cette conscience, qu’est-ce qui reste ?

Rien, le vide… puis un espoir de trouver autre chose que ce vide. Très bien, alors lâchons cet espoir, lâchons ce vide et même cette idée du rien. Que reste-t-il ?

Quelqu’un qui fait un effort pour lâcher tout ça avec encore un espoir de parvenir à quelque chose, de trouver quelque chose. Je ne peux pas lâcher, c’est une évidence. Quelque chose peut lâcher en moi, mais je ne peux pas le provoquer. Je sens la colère monter. Je voudrais pouvoir le faire et je ne veux pas m’incliner face à cette incapacité de le faire. Il ne me reste plus qu’à me laisser faire. Suis-je capable de me laisser faire ? J’arrête et je regarde.

Non, car je laisse faire aussi dans le but qu’il advienne quelque chose. Il y a de nouveau quelqu’un qui est prêt et qui veut être dans l’action du « laisser faire » pour obtenir quelque chose. Alors je laisse ce qui est être tel que cela est, je laisse le « vouloir obtenir » être ce qu’il est. Je ne peux rien faire d’autre. J’accueille complètement ce qui est là, ce qui veut, ce qui résiste, ce qui veut comprendre, saisir, obtenir. Je ne touche plus à rien.

C’est une évidence, je n’ai strictement aucun pouvoir sur ce qui se passe ! La vie peut continuer, je ne lutte plus, je ne résiste plus, ça ne sert à rien. Je peux simplement découvrir à chaque instant ce qu’il se passe et le voir, mais c’est tout. Au sein de cette vision, il ne se passe rien non plus. C’est une vision impersonnelle, neutre, sans émotions, sans avis, sans jugement, sans préférence, sans attente, sans but. Juste une vision. Et j’écris, mais ce n’est pas un choix. Il y a vision de vouloir faire quelque chose de ces mots, mais il n’y a que vision. Il y a vision des pensées qui traversent mon esprit, mais il n’y a que vision. Il y a vision de mes mains qui tapent sur l’ordinateur, mais il n’y a que vision.

Mais cette vision est aussi et surtout un accueil, un amour sans jugement pour tout ce qui est, pour tout ce qui émerge, tout ce qui arrive à la pensée, tout ce qui résiste, tout ce qui juge. Le cœur s’ouvre à nouveau, il se déchire. Je laisse faire.

.Ce texte est un questionnement intérieur qui s’est imposé à moi. Vous le partager, c’est vous inviter aussi à vous questionner et à regarder ce qui se passe en vous afin de laisser votre cœur s’ouvrir à la conscience que vous êtes et qui se rappelle à elle-même.

Cette ouverture de cœur c’est aussi ce que je vous propose de goûter à travers les diverses activités qui prennent place pour le moment et que vous pouvez retrouver sur mon site www.guerisonintuitive.com

Si ce n'est pas nous qui choisissons, qui choisit?

Caroline Blanco

Personne ne choisit, personne ne décide. Ni nous, en tant que personne, ni notre âme, ni notre guide, ni une quelconque autorité supérieure ou divine. Vous savez que vous ne choisissez pas la météo, et quand il pleut, est-ce que vous vous demandez qui le décide? Le mental ne peut percevoir et comprendre les choses que d’après sa propre manière de les voir. Il faut donc sortir de cette vision pour pouvoir le comprendre non pas mentalement, mais intuitivement, je dirais.

Regardez  la nature. Des tas de choses surviennent : le vent souffle dans les arbres, la rosée recouvre les végétaux, une fourmi marche d’ici à là, un chat guette l’oiseau qui chante, un chien aboie, des fleurs poussent,… Tout cela arrive sans que personne ne se l’approprie, sans que personne ne le décide ni ne le choisisse. Le chien ne décide pas d’aboyer, ni l’oiseau de chanter ; le vent ne choisit pas de souffler, ni les fleurs de pousser.

Déposez votre mental une seconde, laissez de côté un instant toutes les questions (y compris la question « qui choisit et qui décide ? »), les arguments, les analyses et les « oui mais » et soyez simplement observateur de toute cette vie qui se déploie librement. Ne cherchez ni à la comprendre, ni à l’analyser. Regardez simplement, regardez innocemment, légèrement.

Ce dont vous êtes témoin, c’est la vie en pleine action, c’est la vie qui se vivant spontanément, naturellement. Ne choisissant rien, ne décidant rien, elle est la Liberté absolue s’exprimant intensément et rien ne peut entraver cette liberté puisque c’est ce qu’elle est.

L’Être humain n’est qu’un des éléments dont est constitué la Vie. La vie n’est pas en lui, il est dans la vie, il en fait simplement partie au même titre que la fourmi ou le vent. Les apparents choix que cet Être humain fait sont simplement des mouvements jaillissant de cette vie qui s’exprime. Seul le manque de clarté du mental et sa perception erronée tiennent la réalité à distance créant cette illusion de quelqu’un qui choisit et qui décide et qui, quand il entend dire qu’on ne choisit pas, demande : « mais alors qui choisit ? ».

Qui prend les bonnes décisions?

Caroline Blanco

Comme presque pour chaque question, avant de vouloir y trouver une réponse, je vous suggère de commencer par regarder à partir d’où cette question se pose, à partir de quel point de vue. Ici, cette question part de l’idée qu’il soit possible de prendre de « mauvaises » décisions. Du coup, plutôt que de chercher comment prendre les « bonnes », commençons par regarder s’il est bien possible, tel que cette question le sous-entend, de prendre de « mauvaises » décisions.

Pour ça, on va devoir commencer par définir ce qu’est une « mauvaise » décision. Alors, allons-y…

Quelles mauvaises décisions croyez-vous avoir pris dans votre vie ? L’achat d’une maison qui s’est révélé être un piètre investissement, le mariage avec une personne dont vous êtes séparé aujourd’hui, les études entreprises ou, au contraire, non entreprises, un travail qui s’est avéré difficile dans les contacts sociaux, …  Je vous suggère de prendre quelques exemples dans votre vie. Peut-être pas les plus difficiles pour commencer, mais vous pourrez également les envisager plus tard.

Alors, est-ce que l’achat de cette maison, ce mariage, ces études, … étaient vraiment de « mauvaises » décisions ? Pour pouvoir regarder ce qu’il en est véritablement, il va falloir sortir des idées, des comparaisons et des croyances mentales sur le sujet. Il va falloir ouvrir le petit point de vue étriqué du mental pour avoir une vision globale, claire et juste. Je vous suggère donc de partir de zéro, de ne pas prendre en compte les opinions mentales pour faire cet exercice. Commencez, par exemple, en envisageant la possibilité que toutes les idées du mentales soient fausses. C’est possible, n’est-ce pas ? Alors, faites comme si…

Ensuite, regardez cette décision considérée comme « mauvaise » et demandez-vous sincèrement si celle-ci était réellement mauvaise ? Pas besoin de réponse… juste vous poser sincèrement la question : est-ce qu’il se peut que cette décision ne soit pas aussi mauvaise que je le crois ? Restez juste avec cette possibilité.

Maintenant, souvenez-vous de ce moment où la décision a été prise et observez…

Compte tenu de toutes les circonstances qui étaient là à cette époque : de votre état d’esprit, de votre état émotionnel, de vos besoins, de vos peurs, de vos désirs, de vos croyances, de vos espoirs,… Compte tenu de votre éducation, de votre culture, de vos revenus, de vos difficultés ou de vos facilités,…  Compte tenu de votre santé, de vos connaissances, de vos priorités, de vos particularités, de votre naïveté, de votre intérêt, …

À ce moment précis, compte tenu de tout ça, dans les circonstances qui étaient là, était-il possible pour vous de prendre une autre décision ? En étiez-vous capable ?

Et êtes-vous sûr qu’une autre décision aurait bel et bien été meilleure que celle-là ? Si vous aviez pris une autre décision, vu celui ou celle que vous étiez à l’époque, vu les circonstances, les croyances et l’état dans lequel vous étiez, vers quoi cette autre décision vous aurait-elle mené ? Vers quelque chose de mieux ? Vous en êtes sûr ? Est-il possible que cela vous ait mené vers quelque chose de pire, de moins bon pour vous aujourd’hui ?

Est-il possible que cette décision, compte tenu de tout, ait en fait été ce qu’il y avait de mieux pour vous ?  Est-il possible que cette « mauvaise » décision précisément soit la cause de nombreuses « bonnes » décisions prises plus tard ? Est-il possible que cette « mauvaise » décision ait été nécessaire pour vous ? Est-il possible qu’elle vous ait appris quelque chose d’important ?

Prenez le temps de revisiter à travers toutes les questions qui arriveront ce qui avait été envisagé comme une « mauvaise » décision et regardez si c’était bel et bien le cas. Ensuite, je vous invite à revisiter toutes les soi-disant autres « mauvaises » décisions, car il est fort possible qu’elles aient été mal étiquetées. Et quand vous aurez, je l’espère, vu qu’aucune décision ne peut être « mauvaise », automatiquement vous ne chercherez plus à prendre de « bonnes » décisions, vous verrez qu’elles le sont toutes.

Caroline Blanco