Gérard Perrin

Gérard Perrin

Le bonheur est notre nature même

Gérard Perrin

Il n’a donc pas à être construit ou développé, et aucune stratégie n’est nécessaire pour l’atteindre.

Il en est de même toutes les valeurs essentielles qui fondent l’espèce humaine : l’amour inconditionnel, la joie sans cause, la paix, l’unité, la tranquillité, la sérénité, l’équanimité, etc. Elles sont la première manifestation de ce que nous sommes.

Toutes ces qualités sont par conséquent toujours présentes en fond, mais masquées par des croyances erronées lourdes de conséquences. Réaliser leur fausseté libère définitivement de leur carcan.

La plus lourde de conséquences, celle qui est à l’origine de toutes les souffrances de l’humanité, est la croyance en un individu séparé appelé « moi » qui serait capable par lui-même de penser, d’agir, de faire des choix. En réalité, si l’on y regarde de près, il n’y a pas de « moi », il n’y en a jamais eu, il n’y en aura jamais. Aucun « moi » n’a jamais rien fait et ne fera jamais rien.

Le savoir et même le voir par intermittence n’est pas suffisant.

Cela doit être réalisé pour être définitif.

Cette « réalisation » dévoile le fond sur lequel vient s’inscrire tout ce qui arrive. Il est fait d’amour pur, de paix, de joie, d’unité, d’accueil, de bonheur… quelles que soient les circonstances extérieures.

Tous les « sages » de tous les temps l’ont toujours affirmé.

Depuis quelques décennies, de plus en plus d’occidentaux partagent cette vérité et de plus en plus nombreux sont ceux qui « réalisent » l’absence de « moi » et voient se transformer de façon définitive leur rapport à l’existence : leur recherche s’achève, une tranquillité souriante nourrit leur quotidien, un accueil naturel et sans effort de ce qui arrive se révèle, le sentiment d’être séparé de soi-même, des autres et du monde disparaît…

La « voie sans voie » est simple et accessible à tous ceux qui le souhaitent.

La « voie sans voie »

Croire sur parole ce qui est dit ici ou ailleurs ne changera jamais rien, il est nécessaire que cela soit vu, réalisé. Et en premier lieu, l’absence d’un « individu séparé » appelé « moi ».

L’absence d’effort et de stratégie

Puisqu’il n’y a pas de « moi », aucun « moi » ne peut faire quoi que ce soit. Ainsi, « vous » ne pouvez rien faire pour défaire le conditionnement responsable de votre mal-être. Cependant, il serait faux d’affirmer qu’il ne faut rien faire. Ce serait encore utiliser une stratégie, celle du « faire rien ».

Ce n’est pas à un « moi » que s’adresse ces paroles. Ce qui Est s’adresse à Ce qui Est ; Ce qui Est se révèle à lui-même.

Le regard

La seule « pratique » nécessaire est celle du regard. Ce terme peut être remplacé par ceux de « écoute », de « être avec », ou de « réalisation ». Par contre, il ne s’agit en aucune manière d’effectuer une pratique au sens habituel du terme : une stratégie adoptée afin d’atteindre un but précis.

En l’absence de tout individu séparé, de tout « moi », « personne », aucun « quelqu’un » ne peut pratiquer. Et cependant, il y a regard, et apparente pratique. Parce qu’en réalité, nous sommes regard.

Ce regard va permettre de réaliser quelques vérités :

Nous ne pouvons pas ne pas être ;
Nous ne sommes pas les acteurs de ce que cet ensemble corps-psyché éprouve, vit, ressent, pense, fait… – Nous ne sommes pas les sensations, ni les perceptions, ni les pensées, ni les émotions, ni même le corps ; – « Nous » ne respirons pas, ne digérons pas, ne faisons pas battre le cœur, etc. Tout cela arrive de lui-même ; – « Nous » ne pensons pas, les pensées surviennent et sont captées ; – « Nous » ne percevons pas, ne ressentons pas ; les perceptions et les sensations se produisent ; – « Nous » n’agissons pas, « nous » ne choisissons pas, il n’y a pas un « acteur » des actes, pas un « moi » qui choisit. Des actes sont posés, des choix sont faits.
Toute souffrance provient d’une ou de pensées « crues », c’est à dire de croyances. Pas de croyance signifie pas de souffrance ; toute souffrance signe une ou des croyances non vues pour ce qu’elles sont : de simples pensées crues, à tort. Ces croyances sont généralement assorties d’un jugement, d’une idée de ce qui nous convient et de ce qui ne nous convient pas, d’un refus de ce qui arrive tel que cela arrive, d’un attachement à notre système de pensée, à notre vision de la vie, etc. Ce refus est lui-même une pensée. Nous sommes par exemple attachés à « mon » idée du bonheur, « mon » idée de l’amour, « mon » idée de l’éveil. Ce qu’ils devraient être, ce qu’ils devraient nous apporter, leurs caractéristiques et ce qui signe leur réalité ou leur absence. Tout comme l’idée d’un « moi », ces idées sont conditionnées, causent de nombreux troubles et retardent la VISION de Ce qui Est et de ce qui arrive tel que c’est et tel que cela arrive.
Le regard peut se détendre totalement, laisser de côté tout le « perçu ».

Nous sommes le bonheur même (Vidéo)